Une fiction dans l’univers des cryptomonnaies – Entretien avec Ramiro Tenorio




J’ai connu Ramiro en Septembre 2017. Chilien fraîchement débarqué de France, il a à son actif la création d’une entreprise dans le monde de la vidéo en ligne et un premier film diffusé sur Netflix en 2017. Ramiro vient de terminer un scénario de film d’action dont la trame de fond est l’univers des crypto-monnaies. J’ai voulu en savoir un peu plus. NO SPOILER !

François Galaine : Ramiro, quand et comment as-tu entendu parler de crypto-monnaies ?
Ramiro Tenorio : En 2012 environ. Il y a un moment ! Le Bitcoin venait de connaître une forte hausse et commençait à faire parler de lui avant de redescendre. Puis, un ami en particulier m’en a parlé en Belgique ; il en possédait quelques-uns qu’il a vendus à ce moment-là. Il doit s’en mordre les doigts ! Puis, bien plus tard un autre ami m’en a parlé dans une approche de « local coins ». C’était en 2014.

FG : Quand as-tu décidé d’en faire un film ?
RT : En 2016, je travaillais sur un autre script qui parlait d’immigration en Europe. Un thème lourd. J’avais besoin de changement et voulais faire un film d’action. Les connections entre les cryptos et ce film d’action autour d’un braquage d’un nouveau genre a fait surface petit à petit. Je me suis attelé à son écriture en 2017.

FG : C’est ton premier film d’action. Où es-tu allé puiser ton inspiration ?
RT : Je vivais à ce moment-là sur la côte basque en France et surfais régulièrement. Ayant grandi avec l’image des grands films d’action des années 90, je dois dire que Point Break m’a inspiré ! J’ai notamment associé braquage et surf tout en actualisant le contexte aux nouvelles technologies. Le côté antisystème des protagonistes est également un point commun fort. Mais je fais également référence à de nombreux réalisateurs de talent comme Luc Besson.

FG : Quel est le lien entre les surfeurs antisystème de Point Break et les cryptos pour toi ?
RT : Les cryptos sont pour moi à la pointe technologique des mouvements « cypherpunk » qui y trouvent peut-être un moyen de diffuser leurs idées à un plus gros nombre : sans diffusion massive de l’idée même de contrôle et protection de la vie privée, point de salut ! La décentralisation du pouvoir en est une brique fondamentale. La banque était pour Point Break le symbole du pouvoir et, la braquer, un moyen de s’en libérer.

FG : Qu’est-ce que tu espères dès lors apporter au spectateur ?
RT : J’espère lui montrer les cryptos par leur aspect culturel et non pas seulement technologique.  Je ne voulais pas faire un documentaire mais je pense que la majorité des informations sont technologiquement justes bien que parfois pas très divertissantes. J’ai pris soin de faire valider ces informations par des acteurs du secteur des crypto en Corée du Sud où j’ai vécu quelques mois au sein d’une communauté très active.

FG : Penses-tu que ton film pourrait faire l’objet d’une levée de fonds via une ICO (Initial Coin Offering) ?
RT : C’est difficile à ce stade de répondre mais je me suis renseigné auprès de sociétés ayant levé des fonds (via une ICO) afin d’en tester la faisabilité. Disons que je privilégie aujourd’hui un schéma traditionnel en présentant mon film à des professionnels du secteur [Ramiro était présent à la Berlinale en février dernier]. De plus, j’ai encore besoin de comprendre quelle serait la valeur ajoutée à la fois pour le film afin que que ces différents financements soient compatibles mais surtout pour les contributeurs. Aujourd’hui, le monde du cinéma est très stratifié et avec beaucoup d’intermédiaires. Cela pourrait très bien se prêter à une ICO afin de distribuer le film en totale autonomie. Je n’ai cependant pas vocation à être à la fois scénariste, réalisateur, producteur et distributeur de ce film !

FG : Parlons du film désormais. Peux-tu me faire le pitch ?
RT : Le film s’appelle ZOE. Zoé est une ingénieure en mathématiques appliquées qui vit près de l’océan. Elle surfe le jour et est hackeuse la nuit. Elle a aidé son frère désormais décédé à développer un logiciel permettant de retrouver la trace de possesseurs de crypto-monnaies partout dans le monde. Un jour, une plateforme d’échange de crypto-monnaies est braquée en ligne. Zoé est désormais en première ligne malgré elle.

Merci Ramiro !

 

A propos de l’auteur

Francois Galaine vis à Séoul depuis 2015. Il membre du Bitcoin Center Korea et de la Chaintech.

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