BigBlock à l’Assemblée Nationale




Jean François Augusti, Sébastien Gouspillou et Yann Trichard, de BigBlock DataCenter, étaient invités à s’exprimer le 22 mai par la commission d’information « cryptomonnaies » de l’Assemblée Nationale, présidée par Eric Woerth, et animée par Pierre Person.

A l’occasion de cette rencontre, BigBlock a tenu à apporter ses réponses à quatre questions essentielles de cette commission :

– Peut-on dissocier blockchain et cryptomonnaies ?

– Quel est l’intérêt principal des cryptomonnaies ? En quoi est-ce un progrès pour l’humanité ?

– Est-ce que le mining pollue ?

– La France peut-elle être compétitive dans le mining ?

 

Peut-on dissocier blockchain et cryptomonnaies ?

Cette question pourrait se traduire par : « la blockchain, oui, ça a l’air génial, sans cryptomonnaie, c’est possible ? »

La réponse est non, la révolution blockchain est avant tout une révolution monétaire. Elle a d’autres ambitions que de gérer la traçabilité des poulets ou des dindons : la monnaie étant un élément central des échanges humains, cette révolution peut entrainer un gigantesque bouleversement social. C’est la réponse à la deuxième question :

 

Quel est l’intérêt principal des cryptomonnaies, en quoi est-ce un progrès pour l’humanité ?

Pour nous français, européens, citoyens de pays développés vivant en démocratie, pour nous qui avons des banques à chaque coin de rue et les moyens de paiement qui vont avec, l’intérêt de bitcoin ne saute pas aux yeux. Mais nous, citoyens aisés dans des pays aisés, nous sommes des privilégiés ; plus de 2 milliards de personnes dans le monde sont débancarisées, soit près de 40% des adultes de la planète.

On a donc 40% des forces vives mondiales qui ne peuvent entrer dans une mondialisation dont ils ne perçoivent que les effets néfastes, 40% qui ne peuvent entreprendre, qui ne peuvent devenir créateurs de richesses et d’innovations et qui ne sont condamnés à n’être en rien moteurs de l’économie mondiale.

Ces populations ont un fort taux d’équipement en portables connectés, et quand on a un smartphone et une bonne application cryptos, on a une banque dans son téléphone, « une banque suisse » a même dit Barack Obama à ce sujet.

Donc, en offrant la possibilité à ces populations exclues du jeu de recevoir et d’échanger de la valeur sur un compte qu’elles se créent elles-mêmes, en leur proposant une inclusion financière, le protocole bitcoin a d’ores et déjà changé le monde, même si (tout) le monde ne le sait pas encore.

Evidemment, l’autre avantage évident des cryptomonnaies est qu’elles sont les monnaies d’Internet. Internet s’est imposé comme la première place d’échange et de commerce, place dématérialisée et hors frontière. Or, nos systèmes de paiement traditionnels ne sont pas adaptés à ce nouveau monde. Plus d’un million de français se sont fait pirater leur carte bancaire en 2017, essentiellement lors de paiements sur le Web. A l’échelle mondiale, c’est plus de 100 milliards de dollars qui disparaissent de l’économie mondiale chaque année, et qui sont injectés dans l’économie souterraine. Ne pourrait-on pas faire autre chose de ces 100 milliards ?  Alloués à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, ils pourraient considérablement réduire la pauvreté et la faim dans le monde d’ici 2030.

Or ces 100 milliards annuels, avec des paiements en cryptomonnaies plutôt qu’en CB, on ne se les fera plus voler, tout simplement. Donc, la question « quel est l’intérêt  des cryptomonnaies ? » a sa réponse. Bitcoin et les cryptomonnaies, c’est la promesse d’un bouleversement sociétal majeur et positif, et un moyen de paiement plus sûr, plus rapide et plus simple pour le commerce sur le web, entre autres.

 

Le mining pollue ?

Quand il s’agit de bitcoin, et encore plus du minage de bitcoin, les idées reçues ont la peau dure, surtout celles-ci :

Idée reçue n°1 : plus il y aura de transactions en bitcoin, plus il faudra consommer d’électricité. Donc, si bitcoin rencontre le succès attendu, il consommera plus que la terre entière.

C’est évidemment de l’ordre du fantasme, le nombre de transactions ne détermine pas la consommation du réseau. On peut avec le réseau de minage actuel et les applications en surcouche déjà disponibles valider des centaines de fois plus de transactions qu’aujourd’hui.

Idée reçue n°2 : la consommation électrique de bitcoin est un désastre écologique : Le bitcoin est miné en Chine, la Chine a des centrales au charbon, donc bitcoin est noir de charbon. D’où un impact écologique désastreux.

Nous avons tous lu ou entendu ça : c’est tout simplement faux. La bataille écologique se joue entre les énergies fossiles et les autres. Aujourd’hui l’essentiel des KW consommés par les mineurs provient de sources décarbonées, voire d’électricité fatale. L’exploitation minière est réalisée dans des fermes géantes, réunissant des milliers de machines, avec du KW bon marché. Ces fermes se construisent sur des centrales hydroélectriques ou thermiques qui ont souvent des capacités de production supérieures à leur capacité de transport et/ou de vente. On peut citer le Québec, la Géorgie, la Russie, la Chine, le Kazakhstan, l’Islande, etc. dont les centrales ont trouvé de nouveaux clients pour des kW dont ils n’avaient pas la vente.

Le minage est une industrie totalement mobile en capacité de s’installer à la source ; il apporte un matelas de consommation permanent et régulier aux producteurs d’électricité, ce qui est une nouvelle source de revenus, source qui peut leur permettre d’équilibrer des comptes, d’attribuer des fonds à la R&D ou de faire baisser leur prix du kW. De plus, on peut désormais déterminer la rentabilité d’un projet de construction d’une nouvelle source d’électricité en tenant compte de l’implantation d’un mineur. Ainsi, le minage participera activement à la transition énergétique, cette activité est un vecteur de progrès, pas une source de pollution.

 

La France peut-elle être compétitive en matière d’activités de minage ?

Pour être compétitif, il faut pratiquer, on ne peut être champion sans s’être entrainé : la France ne peut faire l’économie de s’intéresser au mining. En créant une mine de cryptomonnaies sur le territoire national, l’objectif premier de BigBlock Data Center était de proposer à la recherche française un laboratoire de travail en conditions réelles, tant il nous apparaissait crucial que le France soit en capacité de devenir un acteur performant du minage.

Nous sommes certains que la France a une carte à jouer, avec une électricité abondante et de qualité, avec EDF, excellente compagnie d’état, et avec un génie technique national à spectre large. Certes, le climat n’est pas idéal, les charges de toutes sortes sont fortes et pour l’heure, nous n’obtenons pas un prix de kW/h très compétitif. Nous devons faire de ces handicaps des forces pour inventer un modèle français. C’est possible, dès lors qu’on ne reproduit pas à l’identique les modèles existants ailleurs. En tant que consommateur mobile, nous pouvons aider à rendre des projets d’énergie alternative immédiatement rentables. Nous devons surtout inventer un minage ayant une seconde utilité, le chauffage. Avec des mini fermes, nous pouvons chauffer l’eau des immeubles (bureaux ou habitations), des piscines, on peut aussi chauffer des serres, et tant d’autres choses. Nous travaillons sur ces projets avec EDF et différentes de ses filiales depuis novembre 2017. En intensifiant ces efforts, nous pouvons être à la pointe de la recherche pour révolutionner l’outil du mining, pour qu’il redevienne plus décentralisé et participatif. On peut imaginer un monde où des appareils ménagers mineront, où des bâtiments mineront, où toutes les sources d’énergie alternative auront une mini mine… tout est possible, tout va tellement vite dans ce nouveau monde. Ce serait dommage d’en être exclus, dommage que ces outils de demain n’aient aucune chance d’être français. Donc, oui, bien sûr, la France peut et doit être compétitive en matière de minage. C’est une question d’indépendance : Si la France mine, elle participe à la sécurisation des réseaux et à l’évolution des protocoles des cryptomonnaies, elle est partie intégrante de l’infrastructure ; elle est de la partie, elle a son mot à dire.

Certains Etats sont en train de prendre le leadership et vont possiblement devenir économiquement dominants dans un monde où les cryptomonnaies se seront imposées, quand d’autres Etats qui ne produisent pas ou peu d’électricité, seront eux disqualifiés. Quand on sait la tradition électrique de notre pays, on ne peut s’empêcher de penser que oui, la France peut être compétitive… en allant plus loin : La France s’est constitué un stock d’or, pourquoi refuserait-elle de se constituer un stock de cryptoactifs ?

 

Pour conclure,

Le protocole Bitcoin (autrement dit, la fameuse Blockchain) est une révolution à part entière, qui offre la possibilité d’un monde moins inégalitaire. Les gouvernements peuvent tenter de la nier ou de la combattre, comme ceux du Zimbabwe, du Kirghizistan ou du Bangladesh, ou alors ils peuvent simplement tenter de l’accompagner, comme les Etats-Unis, l’Afrique du sud, la Suède, le Danemark, l’Espagne ou le Japon. Certains pays ont compris que l’on n’arrêterait pas cette révolution, qu’elle est porteuse d’espoir et qu’il vaut mieux la faire sienne que la combattre. C’est un sujet éminemment politique, nous sommes très satisfaits du fait que notre Assemblée Nationale s’en empare enfin et fasse bouger les lignes.

 

Compte rendu-rendu fournit par Sébastien Gouspillou, président de BigBlock Datacenter, société nantaise qui conçoit et gère à travers le monde des unités dédiées au « minage » de cryptomonnaies, notamment de bitcoins.

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